Photographie, Polaroïd

Insomnie, burn out et dépression

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Photographie, Polaroïd

Je vis dans un monde

Je vis dans monde qui vit sur ses ressources, mais que l’on continue d’imaginer sain, pour lorsque les enfants auront grandi.

Un monde qui consomme à outrance, et gaspille alors que tout va bientôt manquer.

Je vis dans un monde où l’humanité n’existe plus, parmi tous ses individus.

Un monde où le propre de l’homme s’est effacé : ses pensées, ses convictions, ses préférences, sa philosophie, … pour ne plus exister que quand ce qu’il est fait.

Un monde seul et égoïste.

Un monde où le seul moyen de ne pas sombrer et de fixer les étoiles le soir venu, et de se dire qu’elles seront toujours là, si un jour, on se sent sombrer.

Je vis dans un monde où les selfies ont remplacé les photos de famille.

Un monde où les montres permettent d’envoyer des sms, en plus de ceux des smartphones.

Un monde sur-connecté où plus personne n’a cependant rien à se raconter.

Dans les rues, dans le bus, chacun fixe son écran… Miroir, miroir, miroir…

Dis moi tout.

Je vis dans un monde où le harcèlement est proscrit, mais où on vous bombarde cependant d’images publicitaires.

Et qu’importe l’overdose, après tout faut bien consommer et faire des feux d’artifices avec l’argent.

Je vis dans un monde où de pub en pub, on sent l’humain qui régresse.

L’humain, qui après avoir prôné la bêtise comme exemplaire, en applique alors rigoureusement les préceptes.

Et les foules foncent vers le dernier gadget.

Et les foules foncent vers le précipice où le premier a sauté… Il avait surement raison, non ?

Et vous n’imaginez pas combien d’années vous aurez passé en tout, le cerveau dans le tambour de la machine à acheter, et à la fin, quand il faudra faire les comptes… Oui, quand il n’y aura plus d’avenir, juste quelques minutes sur un lit d’hôpital, sans plus personne autour.

Juste la solitude, la seule, qui restera alors, pour vous tenir la main.

Je vis dans un monde où l’on abat les vieux en les oubliant dans un coin, les laissant mourir dans l’ombre.

Un monde où l’on donne les clefs d’or à des enfants qui, sans limites, ni interdictions, filent droit dans des directions sans lumière.

Parce que dire « non » n’est plus admis : aujourd’hui, chouette, tout est permis !

Vous n’allez quand même pas les forcer, les instruire.

Laissez-leur leur enfance, bon sang, avec leur Iphone et leur première carte de crédit à dix ans.

Je vis dans un monde où les jeunes sont déprimés, blasés, et où les rues se remplissent doucement de ceux qui ont échoués dans la catégorie survie.

Et rêves pas, il y aura personne pour envoyer un texto pour te sauver, on est plus à la télévision là, on est dans la vraie vie, la vraie crasse.

Je vis dans un monde où l’on ne peut plus s’enfuir.

Un monde totalement controlé, sécurisé, aseptisé…

Je vis dans un monde où les livres perdent leur odeur, où ils deviennent numérisés, impersonnels.

Un monde où l’écriture s’altère, car il faut aller plus vite.

Toujours plus vite.

Un monde où les grands classiques sont hachés en sms.

Et bien oui, il faut bien que les jeunes lisent, vous comprenez.

Je vis dans un monde où meurt toute l’imagination qui aurait gagné à s’épanouir.

Un monde où l’image est devenue reine.

Où l’image est devenue fausse, mensongère.

Une image si retouchée qu’elle devient presque étrangère.

Je vis dans un monde où le mensonge a meilleur gout.

Alors on ment à tout vas, on édulcore, on améliore, on modifie…

T’as perdu le fil ?

Ecoutes, tant pis.

T’avais qu’à suivre.

Je vis dans un monde où lorsqu’une agression a lieu, on filme au lieu d’agir.

Un monde où c’est à celui qui écrasera le plus de monde sous ses chaussures Zanotti bien lacées.

Je vis dans un monde où l’argent pue.

Un monde où l’argent tue.

Un monde où l’argent ne finit par ne plus avoir de couleurs, après régurgitations.

On rajoute des paragraphes, à droite, à gauche, en bas, payes ici et là. Et ici aussi.

T’as plus rien ?

C’est ton problème, du moment que tu payes …

Je vis dans un monde où les comportements implosent et s’entremêlent.

Manger trop sainement.

Angoisser à tort et à travers.

Stress en perfusion.

Insomnies, burn out et dépression.

Entre ses pressions nombreuses et diverses, l’homme s’étire et ne sait plus ce qu’il veut, ce qu’il fait, ce qu’il est, … écartelé de toutes parts.

Il se rend malade.

Et peut-être bien que d’ici peu… Il n’y aura plus personne pour ramasser les morceaux, parce qu’il n’y aura plus personne du tout.

Je vis dans un monde qui n’a rien compris.

Je vis dans un monde qui doucement mais surement m’étouffe.

Où j’ai beau fixer les étoiles à la nuit venue, je ne sais pas où j’en suis, et encore moins qui je suis.

Parce que rien n’a de sens, ni de morale, ni de valeur, et encore moins d’intérêt…

 

Marches ou crèves ?

Désolée, et si je ne peux pas ?

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